Condylomes

Les condylomes sont des excroissances comparables à des verrues, blanchâtres, rosées ou grisâtres, sur l’anus, la région périanale et le canal anal, également appelés papillomes ou « végétations vénériennes ou crêtes-de-coq ». Ils sont liés à l’infection par le Papillomavirus (HPV), une infection anogénitale très répandue : elle constitue la première maladie sexuellement transmissible en France, dont l’incidence annuelle est en augmentation constante.

Les patients immunodéprimés (infectés par le VIH, greffés, …) ont un risque accru.

Bien que les condylomes soient considérés comme une pathologie bénigne, il existe des génotypes de Papillomavirus cancérigènes (HPV-16,18) qui jouent un rôle dans la survenue du cancer anal. Le risque de cancer de l’anus est multiplié par 10 en cas d’antécédent de condylomes anaux. Le virus HPV est retrouvé dans près de 95 % des cancers épidermoïdes de l’anus (type de cancer anal de loin le plus fréquent).

La localisation prévalente est dans la région du périnée, sur la peau autour de l’anus, sur la muqueuse du canal anal mais aussi sur les organes génitaux. L’HPV étant un virus très résistent, outre à la transmission sexuelle, ils existent d’autre voie de contamination (linge de toilette, saunas, jacuzzi, auto contamination par des verrues des mains, transmission de la mère à son enfant…).

 

Le diagnostic :

Les condylomes de l’anus sont dans la plupart des cas asymptomatiques. Il s’agit souvent d’une découverte fortuite par le patient. Parfois ils peuvent s’accompagner de prurit anal ou des traces de sang à l’essuyage.

En cas de condylomes à l’intérieur de l’anus, seul le proctologue peut faire le diagnostic. C’est la raison pour laquelle une politique de dépistage est actuellement instaurée parmi les populations à risques (patients infectés par le VIH, personnes avec multiples partenaires, à fortiori en cas de rapports anaux).

Le traitement :

Traitement médical : Il s’agit de l’application locale d’une pommade immunostimulante (Imiquimod) ayant une efficacité anti-virale démontrée. Son efficacité est prouvée dans environ 50 % des cas mais elle est souvent mal tolérée par les patients à cause de soin action irritante sur la peau et les muqueuses.

Traitement chirurgical : Il existe différentes techniques d’exérèse (au laser C02, par électrocoagulation au bistouri électrique). Devant des condylomes de petite taille et peu nombreux, l’excision peut être réalisée sous anesthésie locale. Dès que les condylomes sont plus volumineux ou plus nombreux, il faut envisager leur exérèse chirurgicale sous une courte anesthésie générale (Voir la fiche informative >>).

La possibilité d’evolution vers le cancer anal justifie le traitement chirurgical de ces lésions et la réalisation, lors de l’intervention, de prélèvements pour examen microscopique, systématique lors d’une chirurgie.

Malgré les récidives possibles, le traitement des condylomes doit être mené à son terme pour éviter la propagation des lésions et surtout à titre préventif.