Hémorroïdes

Les hémorroïdes sont des éléments présents normalement au niveau de l’anus chez tous et depuis la naissance. Il ne s’agit pas de simples veines mais de lacs sanguins associés à des petits vaisseaux artériels et veineux. Elles permettent au moment de l’évacuation un « accompagnement » non traumatique des selles de l’intérieur du rectum  à l’extérieur. Les hémorroïdes jouent aussi un rôle dans le maintien de la continence.

On sépare habituellement les hémorroïdes internes qui tapissent le canal anal des hémorroïdes externes qui sont immédiatement à l’extérieur de l’anus, uniquement visibles lors de complications.

Schéma des hémorroïdes internes et externes.

Par des causes encore incomplètement connues, les hémorroïdes peuvent se dilater anormalement devenant douloureuses et gênantes et peuvent donner lieu à des complications qui font partie de la ainsi dite « pathologie hémorroïdaire ».

Hémorroïdes externes.

Les symptômes:

Des douleurs vives sont ressenties, surtout en cas de thrombose hémorroïdaire.

On parle de thrombose hémorroïdaire externe devant une tuméfaction douloureuse d’apparition brutale, siégeant à l’entrée de l’anus : cette anomalie ne dure habituellement pas plus de 7 à 10 jours.

La crise hémorroïdaire interne se traduit par une sensation de tension et de brûlure à l’intérieur du canal anal. Ces signes ne durent habituellement pas plus de quelques jours.

 

Le saignement est généralement indolore et survient lors de l’émission de selle.

Celui-ci peut être minime (sang sur le papier à l’essuyage) ou plus abondant (colorant la cuvette des toilettes et coulant en goutte à goutte). Un saignement abondant peut être la cause d’une anémie qui nécessite une prise en charge chirurgicale.

Brulure et prurit anal sont provoqués par l’irritation due à l’exposition de la sous muqueuse ou du muscle sphincter au passage des selles si aux hémorroïdes s’associe une fissure anale (rajouter un lien vers le paragraphe concerné).

Le prurit est secondaire à la perte involontaire des secrétions anales (soiling). Ces secrétions possèdent un PH acide qui irrite la peau perianale et pouvant déterminer des sévères dermatites perianales.

Le ténesme ou envie continue même après l’évacuation. Cela dépend des hémorroïdes congestives à l’intérieur du canal anal  qui simulent la présence des selles.

Des saignements, de démangeaisons et de suintement peuvent accompagner le prolapsus hémorroïdaire. En général, il s’agit d’un phénomène non douloureux correspondant à une extériorisation intermittente ou permanente des hémorroïdes internes (on parle aussi de procidence). Le prolapsus peut s’extérioriser lors de la selle ou lors d’effort (marche prolongée…). Il peut se réintégrer spontanément ou nécessiter des manœuvres digitales de réintégration.

Ces signes surviennent souvent dans un contexte de constipation chronique.

Prolapsus hémorroïdaire

Les facteurs déclenchant les hémorroïdes :

De nombreuses incertitudes persistent sur les causes de la maladie hémorroïdaire.

Parmi les facteurs  les mieux documentés, on retient :

  • Constipation et diarrhée
  • les efforts physiques,
  • le stress,
  • insuffisance hépatique,
  • abus de tabac, épices et d’alcool,
  • les menstruations,
  • la grossesse et l’accouchement,
  • position debout ou assise prolongée,
  • surpoids,
  • alimentation pauvre en liquides et en fibres.

Classification :

  • Grade I: hémorroïdes internes.
  • Grade II: hémorroïdes qui prolabent à la poussée et à la défécation mais qui se réduisent spontanément
  • Grade III: hémorroïdes externes qui se réduisent seulement après une manœuvre digitale.
  • Grade IV: hémorroïdes compliquées (thrombose, prolapsus, etc).

Le diagnostic :

L’examen proctologique spécialisé à l’aide de l’anuscopie permet de faire un diagnostic correct et différentiel.

Le traitement :

Pour les hémorroïdes grade I et grade II le traitement est conservatif. Il consiste premièrement à un changement des habitudes de vie, l’adoption des règles hygiéno-alimentaires appropriées, la régularisation du transit intestinal par des laxatifs et des intégrateurs des fibres alimentaires.

Devant un saignement ou un épisode aigu (crise hémorroïdaire) il faut consulter car une thérapie médicamenteuse adéquate et différents traitements par voie systémique et/ou locale (crèmes et suppositoires) sont disponibles sur le marché.

Pour les hémorroïdes grade III et IV le traitement est chirurgical (Voir la fiche informative >>).